Salut aux nymphes de Vaux

                                             à Mesdames V...

Nous l'attendions, Mesdames,
Impatiemment ce jour,
Car c'était votre retour
Le seul espoir de nos âmes!

Sans vous, malgré ses forêts,
Vaux était moins adorable,
Et l'ombrage de l'érable
Et du chêne était moins frais.

L'eau du lac était moins pure,
Ne reflétant plus vos yeux,
La nuit, triste sans leurs feux
Nous paraissait plus obscure.

Contre le soleil, hélas!
Nous n'avions plus vos ombrelles;
Et les fleurs étaient moins belles
Que vous ne regardiez pas.

Le rossignol, votre frère,
Ne pouvait prendre le "la"
Puisque vous n'étiez pas là
Pour lui montrer comment faire.

Ah! le silence était roi
Dans la maison monotone,
Depuis que l'"amour d'automne"
Ne vibrait plus sous son toit.

Mais, avec vous revenue,
La joie a passé le seuil,
Et Vaux, quatre jours en deuil,
S'épanouit sous la mue.

Et le vent, dans les roseaux,
Caressant de son haleine
L'onde limpide et sereine,
Chante les nymphes de Vaux.

                                 31 août 1906.


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